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	<title>Cie Troisième Génération</title>
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	<description>Compagnie de Théâtre</description>
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	<title>Cie Troisième Génération</title>
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		<title>Les Trois Coups &#8211; Avignon/2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jules]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 11:29:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jimmy aux mille visages Autour du thème de l’imposture,&#160;«&#160;Jimmy&#160;» est un spectacle rare et captivant. Dans l’imbrication du mensonge et de la vérité, une voix clame son besoin de se sentir exister et aimé. Une&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Jimmy aux mille visages</h2>



<p><strong>Autour du thème de l’imposture</strong>,&nbsp;<strong>«&nbsp;Jimmy&nbsp;» est un spectacle rare et captivant. Dans l’imbrication du mensonge et de la vérité, une voix clame son besoin de se sentir exister et aimé. Une voix… ou deux&nbsp;?</strong>&nbsp;<strong>Après «&nbsp;<em>Un Jour, tout s’illuminera</em>&nbsp;», la Cie Troisième Génération signe, à nouveau un spectacle de toute beauté, confirmant son avancée dans une recherche esthétique et dramaturgique très personnelle, mêlant théâtre, mime, et musique live.&nbsp;</strong></p>



<p>En 1994, disparaît, au Texas, Nicholas Barclay, 13 ans, blond, yeux bleus. Trois ans plus tard, en Espagne, des policiers recueillent un jeune homme brun aux yeux foncés de 23 ans, qui parle anglais avec un accent français. Contre toute vraisemblance, lorsqu’il déclare être l’enfant disparu, tout le monde le croit. <em>Jimmy</em> est basé sur une histoire vraie, objet d’un documentaire de Bart Lyton, <em>The Imposter</em> (2012), retraçant le parcours d’un homme ayant pris des centaines d’identités. Lorsqu’il usurpe celle d’un enfant américain évanoui dans la nature, l’histoire soulève un drame enfoui.</p>



<p>Avec la figure de l’imposteur au cœur de sa création, <em>Jimmy </em>s’avance aux frontières de plusieurs réalités. Celle qui est ou paraît, celle que l’on s’invente ou rejette. Autant de strates imbriquées, qui finissent, en se conjuguant, par se confondre, jetant un lot d’incertitudes, sur ce qui <em>est</em> vraiment. Pourquoi cette famille s’acharne-t-elle à croire l’incroyable ? Qui est Jimmy ? Où est-il ? Pourquoi usurper son identité quand rien ne peut accréditer cette tentative ?</p>



<p>Un tel sujet permet une formidable exploration des faces cachées d’une humanité qui masque mal ses béances&nbsp;: ici, une famille à la dérive, engouffrée dans une mauvaise spirale, violence et drogue, et où l’on s’aime mal&nbsp;: «&nbsp;<em>Je n’ai pas d’enfants, je n’ai que des</em>&nbsp;<em>problèmes</em>&nbsp;», dira la mère. En face, un jeune homme en manque d’enfance.</p>



<p><strong>Destins liés</strong></p>



<p>Avec une trame narrative elliptique, les éléments la compagnie, sous la houlette de Sergi Emiliano i Griell, cultive le mystère et l’art de l’intrigue avec une rare habileté. Rien de linéaire dans cette succession de scènes tissées par à-coups, morceaux épars d’un puzzle qui se constitue sous nos yeux, dévoilant progressivement l’image plurielle et insaisissable d’une vérité parcellaire. En évitant de montrer tous les maillons de l’histoire, cette narration qui prend forme d’un ingénieux montage, laisse leur place aux creux, points d’interrogation, à tout ce qui échappe mais a lieu – a eu lieu – dans l’ombre et le silence.</p>



<p>Le vrai Jimmy et sa jeune vie tourmentée réapparaissent dans les flashbacks, mais pas seulement. Passé et présent s’entremêlent, emboités, car en prenant son identité, sa place et sa famille, l’usurpateur convoque l’absent. Au fur et à mesure, la présence de l’enfant et celle du jeune homme se superposent alors, l’un et l’autre en recherche d’identité et de reconnaissance, dans un destin qui semble étrangement lié. L’imposteur parle au disparu comme à un autre lui-même, absent ou disparu lui aussi, privé d’existence propre. En dénonçant une famille qu’il soupçonne de meurtre, il se torpille lui-même pour faire rendre justice à l’enfant.</p>



<p><strong>Réécrire le présent</strong></p>



<p>Sur un plateau enveloppé d’obscurité, un carré s’éclaire sur le bureau du FBI&nbsp;: «&nbsp;<em>Il faudra que tu me racontes ton enlèvement, Jimmy, et tout ce qui s’est passé&nbsp;</em>». L’articulation est lente, posée, coiffée par une trame sonore en note aigue continue qui se propage. À voix basse, presque en chuchotant, le jeune homme caché derrière des lunettes évoque-invente enlèvement et tortures. L’enquêtrice le croit, le croira, jusqu’à ce que… Le corps a dit une chose, les mots une autre – c’est infime mais c’est là – et nous plongeons dans un mystère opaque. Ce premier face à face est déjà la démonstration nette du savoir-faire et de la recherche artistique de la compagnie, imposant d’emblée sa marque de fabrique, dans un langage corporel novateur et percutant, sous une tension dramatique qui ne flanchera jamais. Au contraire.</p>



<p>En montrant l’alliage du geste et du mot,&nbsp;<em>Jimmy</em>&nbsp;propose une réécriture magnifique du moment présent. Une dilatation. On voit plus, on voit mieux. Les gestes se suspendent, ou se glissent dans les interstices de la parole, comme des fulgurances qui nous disent autrement ce que les mots ont tu. S’assoir, marcher, s’éloigner ou passer, se prendre dans les bras, les actions ralenties ou stoppées chargent le discours d’un autre sens, ou décuplent son effet. Actions et réactions en quasi-instantané, la synchronisation parfaite des deux langages permet de saisir l’imperceptible à l’œil nu, comme grossi dans un effet loupe. Une réalité augmentée façon Troisième Génération. On est hors temps, dans un espace de compréhension plus profond, visible et invisible entrelacés.</p>



<p><strong>Hypnotique</strong></p>



<p>Le spectacle se charge d’intensité au fil d’un mystère qui ne cesse de se densifier. Atmosphère sourde, hypnotique,&nbsp;<em>Jimmy</em>&nbsp;se déploie dans l’étrangeté, nimbé d’un contraste permanent ombre&nbsp;/ lumière. Une obscurité large, propagée, semble manger la place d’une clarté souvent plus étroite, comme des forces qui s’affrontent dans cette recherche de vérité à la peine. Ces contrastes crus et radicaux contribuent à l’impression d’apparitions&nbsp;/ disparitions qui ne cessent d’habiter le plateau et compartiment les intrigues. Raies de lumières, halos, douches, prennent les comédiens et comédiennes dans leur faisceau bleu ou range sang, mystère et tragédie, avant de les rendre au noir, comme si tout n’avait été qu’illusions.</p>



<p>Jules-Angelo&nbsp;Bigarnet, Matthieu Carani, Agnès&nbsp;Delachair, Paul&nbsp;Jeanson, Clémentine&nbsp;Marchand et Faustine&nbsp;Tournan sont les interprètes merveilleux de ce thriller inquiétant, quasi existentiel, à qui ils donnent chair, force, et tension&nbsp;: «&nbsp;<em>Dans cette histoire, je m’appelle Jimmy (…)&nbsp;et pour me la rappeler, il suffit que je me représente un homme aux mille visages, et tout se déploie</em>&nbsp;». Inoubliable.</p>



<p><strong>Florence Douroux</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Mise en scène&nbsp;: Sergi&nbsp;Emiliano&nbsp;y&nbsp;Griell<br>Avec&nbsp;: Jules-Angelo&nbsp;Bigarnet, Matthieu&nbsp;Carrani, Agnès&nbsp;Delachair, Paul&nbsp;Jeanson, Clémentine&nbsp;Marchand, Faustine&nbsp;Tournan</p>



<p><a href="https://lamanufacture.org/programmation/jimmy/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>La Manufacture (Chateau de St.Chamand)</strong></a>&nbsp;• 3, avenue François&nbsp;Mauriac • 84000 Avignon<br>Du 4 au 21&nbsp;juillet&nbsp;2026 (sauf les 9 et 16) • 20&nbsp;heures • 1&nbsp;h&nbsp;55 (trajet navette inclus) • Dès 12&nbsp;ans<br>Réservations&nbsp;:&nbsp;<a href="https://billetterie.lamanufacture.org/spectacle?id_spectacle=625">en ligne</a>&nbsp;ou 04&nbsp;90&nbsp;85&nbsp;12&nbsp;71<br>Dans le cadre du&nbsp;<a href="https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8018-jimmy" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Festival&nbsp;Off&nbsp;Avignon</strong></a>, 60<sup>e</sup>&nbsp;édition du 4 au 25&nbsp;juillet&nbsp;2026</p>



<p></p>
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		<title>Scèneweb &#8211; Avignon /2026</title>
		<link>https://troisiemegeneration.com/sceneweb-avignon-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jules]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2026 10:42:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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<h2 class="wp-block-heading">« Jimmy » : quand les arts du geste percutent le réel</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Dans&nbsp;<em>Jimmy</em>, un jeune homme prend la place d’un autre porté disparu depuis des années au sein d’une famille américaine aveugle à la supercherie. Que cache cette envie d’y croire ? Que révèle l’imposture ? La compagnie Troisième Génération s’inspire du documentaire de Bart Layton,&nbsp;<em>The Imposter</em>, pour ausculter nos croyances et nos rêves et ce qui fait notre identité dans un spectacle hypnotique à la frontière du théâtre, du mime et du cinéma.</strong></p>
</blockquote>



<p>Il y a souvent dans les faits divers une part d’invraisemblable, et c’est pour cela qu’ils fascinent autant. Ces évènements microscopiques et marginaux, comme des sorties de route de la vie telle qu’elle va, de la vie sans vague, révèlent en réalité la face cachée de l’humanité. Sa part incontournable, son insondable mystère, son effarante monstruosité. Nos possibles basculements.&nbsp;<strong>Un fait divers est souvent incroyable, au sens propre du terme. En cela, les récits qui en découlent, véhiculés la plupart du temps par les médias – journaux, reportages et documentaires –, constituent une matière inespérée pour le spectacle vivant</strong>. Leur lien archaïque avec nos abîmes psychiques, leur inextricable maillage fatal, un enchaînement de faits et conséquences en forme d’impasse, leur contexte social prépondérant, tout le faisceau de critères qui agissent en souterrain pour qu’advienne le drame, forment une constellation narrative théâtrale en diable. Et ce hiatus troublant entre la dimension improbable du récit et sa véracité, confronté aux mécanismes de croyance induits par la représentation, forme un terrain de jeu ahurissant, la possibilité d’interroger le réel à l’aune des fictions qui nous traversent depuis la nuit des temps.</p>



<p>Depuis sa dernière création,&nbsp;<em>Un Jour tout s’illuminera</em>,&nbsp;<a href="https://sceneweb.fr/un-jour-tout-s-illuminera-de-la-cie-troisieme-generation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui fut un éblouissement</a>, la compagnie Troisième Génération fait du plateau le lieu de confrontation entre une histoire prélevée à la source du réel, nourrie de recherches et d’archives, et un travail formel fascinant, liant le geste à la parole de façon inédite. Avec&nbsp;<em>Jimmy</em>, l’attente était haute placée et le risque de redite non négligeable. Et pourtant, non. La Compagnie Troisième Génération ne se répète pas, elle trace son sillon. Et&nbsp;<strong>le résultat, hypnotique et aiguisé, sidère par la radicalité du geste, sa pertinence et sa mise en œuvre maîtrisée</strong>. À la mise en scène,&nbsp;<strong>Sergi Emiliano i Griell</strong>&nbsp;poursuit son exploration entre terreau documentaire et arts du geste, hybridant le mime et le théâtre avec une intuition qui signe le renouveau de l’un et de l’autre. De l’un par l’autre. Ce qui se propose au plateau est une mini révolution esthétique, et ce n’est pas rien de le dire tant les formes véritablement neuves sont rarissimes.</p>



<p>Si l’on retrouve des thématiques similaires autour du mensonge, du soupçon et de la manipulation, de l’enquête policière et des méandres de la justice, si l’ancrage social et la misère tissent à nouveau une toile de fond prégnante – un environnement sujet à la violence, aux addictions, aux dérapages non contrôlés&nbsp;<strong>–</strong>, si la vérité n’est pas ce que l’on croit, complexe et retorse, si&nbsp;<em>Jimmy</em>comporte son lot de figures marginales et de cas sociaux&nbsp;<strong>–&nbsp;</strong>comme on dit&nbsp;<strong>–</strong>, c’est pour mieux creuser du côté obscur de nos actes, des motifs qui peuvent nous agir inconsciemment.<strong><em>&nbsp;Jimmy</em>&nbsp;est l’histoire folle d’une imposture</strong>. Et dès la première scène, dans le bureau du FBI où un jeune homme confirme sa déposition, son témoignage, aussi affirmé soit-il, tremble, pour nous, spectateur·rices, du vertige du doute, tandis que l’agent mord, mordicus, à l’hameçon, s’engouffre dans ce récit de victime qui force à la compassion. Car il y a les mots, le discours échafaudé par l’imposteur, mais pas que. Ses regards et tout le corps de l’acteur semblent dire autre chose, trahir l’aplomb de la parole. Gestes furtifs, arrêts sur image, répétitions, rembobinage ou accélérations, c’est tout le tempo qui flotte, échappe à la linéarité rassurante du temps qui s’écoule normalement.</p>



<p>En cela,&nbsp;<strong>c’est toute la représentation qui est prise dans le vortex d’une brèche spatio-temporelle</strong>. La partition physique fait dérailler le présent. Les choix narratifs, elliptiques, font avancer la représentation par à-coups de scènes triviales ou critiques qui apportent chacune leur pièce au puzzle, l’éclairent autant qu’elles en étoffent le mystère. Car l’imposture est abyssale et ce qu’elle soulève, un puits sans fond de questions. Ce n’est plus un fait divers qui nous est conté, mais une tragédie des temps modernes. Le récit aberrant d’une usurpation d’identité qui va bien au-delà du coup bas. Petit à petit, tandis que progresse la représentation et que ses ramifications se dévoilent, l’air change de consistance, s’épaissit, se charge d’une gravité silencieuse. Le jeu des comédien·nes y contribue fortement, leur incarnation chorégraphiée est un sommet de synchronisation entre gestuelle et texte. Toutes et tous font le sel de ce spectacle inouï :&nbsp;<strong>Jules-Angelo Bigarnet</strong>,&nbsp;<strong>Matthieu Carrani</strong>,&nbsp;<strong>Agnès Delachair</strong>,&nbsp;<strong>Paul Jeanson</strong>,&nbsp;<strong>Clémentine Marchand</strong>,&nbsp;<strong>Faustine Tournan</strong>, chacun·e se glisse dans son rôle comme un autre lui-même et c’est là le sujet de ce qui se trame. Qui est-on vraiment ? Qu’est-ce que l’identité ? Est-ce que je est un autre ? Est-ce l’autre qui nous fait être qui l’on est ?</p>



<p>Entre le système et ses bas-côtés, entre le bonheur factice des retrouvailles avec l’enfant disparu et le mensonge gros comme une prison, entre un nom et le visage qui le porte, entre la trahison et le besoin de croire,&nbsp;<em>Jimmy</em>&nbsp;se niche dans les interstices et les failles de nos êtres en mal d’existence et ouvre une boîte de Pandore vertigineuse.&nbsp;<strong>En travaillant la matière même du théâtre, à savoir le temps, l’espace et le mouvement, la compagnie Troisième Génération crée une densité nouvelle, un trouble dans la représentation qui percute les sujets embrassés</strong>. La musique live s’invite à plusieurs reprises au synthé, le traitement du son, hyper texturé, ajoute à l’ambiance générale, sourde, inquiétante, voire anxiogène de ce thriller métaphysique. Et quand les interprètes entonnent en polyphonie de voix les paroles d’<em>Amazing Grace</em>, cantique issu du Nouveau Testament évoquant la parabole du Fils prodigue (<em>« I once was lost but now I’m found / Was blind, but now, I see »</em>), l’histoire de Jimmy prend une autre dimension, symbolique et spirituelle, qui en décuple la portée.</p>



<p>Marie Plantin – www.sceneweb.fr</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Jimmy</strong><br><strong>Mise en scène Sergi Emiliano i Griell</strong><br><strong>Avec Jules-Angelo Bigarnet, Matthieu Carrani, Agnès Delachair, Paul Jeanson, Clémentine Marchand, Faustine Tournan</strong><br><strong>Costumes Isabelle Deffin</strong><br><strong>Création lumières Geoffroy Adragna</strong><br><strong>Scénographie Eric Charbeau, Philippe Casaban</strong><br><strong>Création sonore Félix Marty</strong></p>



<p><strong>Production Compagnie Troisième Génération</strong><br><strong>Coproduction Théâtre de L’Odyssée – Scène conventionnée de Périgueux, OARA (Office artistique de la Région Nouvelle Aquitaine), Agence culturelle départementale Dordogne-Périgord, La Gare Mondiale de Bergerac.</strong><br><strong>Soutiens DRAC-NA aide au projet, Région Nouvelle Aquitaine, Département de la Dordogne, Mairie de Périgueux, ADAMI, Le Crédit Agricole, Théâtre Paris-Villette</strong></p>



<p><strong>Durée : 1h55 (trajet en navette compris)</strong></p>



<p><em>La Manufacture, Château de Saint-Chamand, dans le cadre du Festival Off d’Avignon</em><br><em>du 4 au 21 juillet 2026, à 19h40 (relâche les 9 et 16)</em></p>
</blockquote>
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		<title>La Terrasse &#8211; Avignon / 2026 &#8211; Gros Plan</title>
		<link>https://troisiemegeneration.com/la-terrasse-avignon-2026-gros-plan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jules]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 21:03:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Jimmy » de la Compagnie Troisième Génération, une fiction née de l’histoire vraie d’un usurpateur d’identité aussi effrayant que génial LA MANUFACTURE &#8211; CHÂTEAU / MISE EN SCÈNE SERGI EMILIANO I GRIELL Publié le&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3>« Jimmy » de la Compagnie Troisième Génération, une fiction née de l’histoire vraie d’un usurpateur d’identité aussi effrayant que génial</h3>
<h4>LA MANUFACTURE &#8211; CHÂTEAU / MISE EN SCÈNE SERGI EMILIANO I GRIELL</h4>
<p>Publié le 29 mai 2026 &#8211; N° 345</p>
<p><strong style="font-size: revert;">Dans <em>Jimmy</em>, la Compagnie Troisième Génération mobilise un théâtre très corporel pour camper une histoire au premier abord extraordinaire, mais pourtant inspirée de la réalité. Celle d’un jeune homme capable de commettre la plus improbable des usurpations d’identité.</strong></p>
<p>La Troisième Génération est la compagnie associée à L’Odyssée de Périgueux. Son travail consiste à développer un langage théâtral et corporel pour écrire des spectacles où le mime a autant d’importance que le texte et vient le compléter voire le percuter. Sa façon de porter les récits à la scène est inspirée par le montage cinématographique : cela se vérifie dans <em>Jimmy</em>, où le travail des images sur scène produit des ruptures de sens, ouvre des brèches où l’imagination des spectateurs peut s’engouffrer. <em>Jimmy</em>, c’est une fiction née d’une histoire vraie, celle de Frédéric Bourdin, dit « le Caméléon », un usurpateur d’identité aussi effrayant que génial, dont la pièce se demande s’il n’est pas, surtout, un être désespéré de recevoir l’amour des autres.</p>
<p><strong>Le poids des mots conjugué à la force des images</strong></p>
<p><em>Jimmy </em>est un peu une enquête, un peu une confidence aussi, certainement une mise en abîme de l’âme humaine. Sur scène, les six interprètes portent un texte, jouent divers rôles qui gravitent autour de ce jeune homme hors normes, mais l’expression passe également par le mouvement, qui prend le relais de la parole pour exprimer l’émotion, autrement, et surprendre les habitudes de regard des spectateurs. La mise en scène est dépouillée, le plateau presque nu, et la lumière découpe des espaces de jeu pour compartimenter le récit. <em>Jimmy </em>est une réflexion vertigineuse sur les identités et les masques, sur la vérité et le mensonge, mais aussi sur notre soif de nous connecter aux autres et notre besoin de croire.</p>
<p><strong>Mathieu Dochtermann</strong></p>
<h4>A PROPOS DE L&rsquo;ÉVÉNEMENT</h4>
<p><strong>Jimmy</strong><br />du samedi 4 juillet 2026 au mardi 21 juillet 2026 <br />Avignon Off. La Manufacture &#8211; Château de St Chamand<br />2 rue des écoles, 84000 Avignon</p>
<p>à 19h40, relâche le jeudi. Tél. : 04 90 85 12 71. Durée : 1h55, trajet en navette compris.</p>


<p></p>
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		<title>Revue d’Histoire du Théâtre • N°287 T3 2020 &#8211; Variation autour du geste théâtral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mohamed.afife.vdp@gmail.com]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 13:18:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Montrer ce qui échappe » : une écriture entre mime, théâtre et cinéma. Portrait de la compagnie Troisième Génération La compagnie Troisième Génération, constituée en 2009 à Paris, connaît son premier succès en se produisant lors de&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="s-title">« Montrer ce qui échappe » : une écriture entre mime, théâtre et cinéma.<br />
Portrait de la compagnie Troisième Génération</h3>
<p>La compagnie Troisième Génération, constituée en 2009 à Paris, connaît son premier succès en se produisant lors de scénettes de rue sur la place du Palais des Papes à Avignon, en 2010. Cette année-là, la 64e édition du Festival d’Avignon mettait à l’honneur les Arts du Mime et du Geste, à travers des conférences, des démonstrations, et des débats pour la reconnaissance de ces arts et la présentation publique d’un Manifeste. Un certain nombre de compagnies étaient venues pour l’occasion, dont la jeune Troisième Génération, constituée d’anciens élèves de cours de mime. Une compagnie militante qui incarne par son nom une filiation avec les maîtres du mime corporel – une troisième génération de disciples – tout en affirmant une identité propre. Dix ans après, elle acquière la reconnaissance du milieu artistique et emporte plusieurs prix français<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn1" name="_ftnref1">1</a></sup> et européen<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn2" name="_ftnref2">2</a></sup>, ainsi que le soutien du Ministère de la Culture (Direction générale de la création artistique), pour un projet de recherche-création en théâtre et arts associés<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn3" name="_ftnref3">3</a></sup>.</p>
<p>Troisième Génération mène une recherche singulière à travers une activité de pédagogie et de création, pour développer une écriture gestuelle à la croisée du mime, du théâtre et du cinéma. Sergi Emiliano i Griell et Agnès Delachair, co-fondateurs de la compagnie, œuvrent à un art écarté de toute abstraction et de toute symbolique. Ils abordent des thèmes où les mécanismes du pouvoir, et le sentiment d’inaptitude à y faire face, sont mis en jeu. Ainsi en est-il des spectacles <em>There Is No Alternative</em> (2014), <em>Les illusions perdues</em> (2016) ou plus récemment <em>La vie automatique</em> (2018), qui abordent le désenchantement de la jeunesse et l’inertie face à l’histoire politique, les illusions que l’on se construit pour ne pas sombrer ou le recouvrement de sa propre singularité par une vie façonnée d’automatismes. Un regard sceptique et ironique porté sur le monde, mais non sans espoir. La compagnie ménage une part irréductible à l’humour, au décalage et au traitement rythmique des situations.</p>
<p>Formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Barcelone, où il rencontre notamment le Théâtre du Mouvement, Sergi Emiliano i Griell y travaille plusieurs années avec Anne Dennis<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn4" name="_ftnref4">4</a></sup>, puis à Paris avec la compagnie Pas de Dieux, dirigée par Leela Alaniz et Won Kim<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn5" name="_ftnref5">5</a></sup>. Il complète sa formation en accédant à l’École Internationale de Mime Corporel Dramatique, dirigée par Ivan Bacciocchi.</p>
<p>Agnès Delachair suit des cours de mime corporel à Paris avec la compagnie Pas de Dieux, le Théâtre du Mouvement – pour qui elle assurera plusieurs assistanats à la mise en scène – et l’École Internationale de Mime Corporel Dramatique, dont elle est diplômée. En parallèle elle tourne dans divers projets audiovisuels à la télévision et au cinéma. Tous deux enseignent régulièrement la technique du mime à travers des ateliers donnés par leur compagnie, comme en écoles professionnelles (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Barcelone, Atelier Blanche Salant et Paul Weaver, École des Gobelins à Paris).</p>
<p>Nourrie par un parcours qui traverse plusieurs techniques de jeu issues du mime, du théâtre et du cinéma, la compagnie place l’acteur au centre du plateau. Leur recherche est en particulier menée sur la détente dans le jeu : « La détente est en apparence synonyme de passivité, mais elle permet en réalité la réception des choses, alors que le mime est d’abord dans l’action. La détente permet d’être dans la relation de façon sensible [avec le partenaire]. Tu reçois, et après tu réagis. Nous recherchons ce goût du jeu, sans que la technique ne prenne le dessus »<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn6" name="_ftnref6">6</a></sup>. Par ailleurs, c’est en se questionnant ces dernières années sur ce qui rend le jeu d’un mime unique, que les deux artistes ont pointé <em>le principe de dissociation</em>, un principe qui pourrait faire référence à la technique du mime corporel mais qu’ils invoquent davantage pour définir l’articulation entre un geste mécanique et un geste vivant<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn7" name="_ftnref7">7</a></sup>. Leur recherche dramaturgique en cours – depuis <em>La vie automatique</em> – porte sur la confrontation des arts du montage – bande dessinée, cinéma – et des arts du mime<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn8" name="_ftnref8">8</a></sup>. Des questions similaires se posent en effet sur la façon de faire parvenir les mouvements aux spectateurs : qu’est-ce qui bouge et comment, qu’est-ce qui est bougé, qu’est-ce que la caméra filme, comment arrêter les personnages au bon moment ?</p>
<p>Le changement successif de plans dans les arts de l’image leur inspire des types de coupures dans l’écriture scénique, inhabituelles au théâtre. Ils permettent d’apporter de l’étrangeté, qui résonne pour ces artistes avec la formule d’Oscar Wilde, « on devrait toujours être légèrement improbable », invitant à des jeux de décalages et d’ellipses : « L’ellipse de temps, comme celle de mouvement (elles fonctionnement toujours ensemble) créent de l’étrangeté parfois quasi imperceptible mais bien présente dans la réception du spectateur […] C’est également une manière de jouer avec le temps : ce qui t’échappe dans la vie [comme un geste, une intention], tu peux le maîtriser sur scène, tu arrêtes le temps. Ce qui nous intéresse c’est de montrer en temps réel l’engrenage en train de se faire. Montrer ce qui échappe »<sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftn9" name="_ftnref9">9</a></sup>.</p>
<p>Troisième Génération puise dans la technique du mime corporel, dans le jeu cinématographique et les principes de montage des arts de l’image. Elle explore une écriture scénique où action physique, parole, image et musique se côtoient et interagissent. La compagnie convoque ainsi des gestes qui ne finissent pas ou se fragmentent, des immobilités atemporelles ou des attitudes transportées d’un plan à un autre, conviant sur scène des personnages insaisissables, mélancoliques ou burlesques.</p>
<h2>Notes</h2>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref1" name="_ftn1">1</a></sup> La compagnie obtient le Premier Prix du Plateau du Groupe Geste(s) en 2013 pour There Is No Alternative. En 2017, elle est de nouveau lauréate du Prix du Plateau du Groupe Geste(s) pour son adaptation du roman de Christian Oster, La vie automatique.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref2" name="_ftn2">2</a></sup> La compagnie obtient le Prix Européen Move Award Label de Qualité en 2011 pour L’heure où l’on ne savait rien l’un de l’autre.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref3" name="_ftn3">3</a></sup> Projet « La méthode du montage. Croiser les arts du mime et du geste, le cinéma et la bande dessinée pour enrichir les écritures scéniques contemporaines », soutenu en 2020 par la DGCA.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref4" name="_ftn4">4</a></sup> Anne Dennis, pédagogue et metteuse en scène américaine, formée au mime et au théâtre dans une approche brechtienne.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref5" name="_ftn5">5</a></sup> Leela Alaniz, pédagogue et metteuse en scène brésilienne, formée au mime par Thomas Leabhart et croisant les principes de l’anthropologie théâtrale d’Eugenio Barba ; Won Kim se forme au mime auprès de Leela Alaniz et Thomas Leabhart.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref6" name="_ftn6">6</a></sup> Propos de Sergi Emiliano i Griell et Agnès Delachair, recueillis par Véronique Muscianisi le 19 juin 2020 à Montreuil.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref7" name="_ftn7">7</a></sup> Au-delà de la technique du mime corporel qui apprend à décomposer un mouvement et à isoler une partie du corps par rapport à l’autre, ils désignent sous la formule principe de dissociation la capacité singulière et propre d’un acteur-mime de donner à voir deux choses différentes en même temps.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref8" name="_ftn8">8</a></sup> La vie automatique est mise en scène tel un plateau de cinéma avec des effets de changements de plans et de travelling.</p>
<p><sup><a href="https://sht.asso.fr/montrer-ce-qui-echappe-une-ecriture-entre-mime-theatre-et-cinema-portrait-de-la-compagnie-troisieme-generation/#_ftnref9" name="_ftn9">9</a></sup> Propos de Sergi Emiliano i Griell et d’Agnès Delachair, recueillis par Véronique Muscianisi le 19 juin 2020 à Montreuil.</p>
<p>L’article <a href="https://troisiemegeneration.com/revue-dhistoire-du-theatre-n287-t3-2020-variation-autour-du-geste-theatral/">Revue d’Histoire du Théâtre • N°287 T3 2020 &#8211; Variation autour du geste théâtral</a> est apparu en premier sur <a href="https://troisiemegeneration.com">Cie Troisième Génération</a>.</p>
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		<title>Les ailleurs du mime &#8211; Horizons/Théâtre 16-17</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mohamed.afife.vdp@gmail.com]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 13:13:49 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="texte" style="text-align: left;">La recherche d’un décloisonnement</h3>
<p class="texte">Nous avons toujours ressenti un dilemme de fond vis-à-vis de l’art du mime : nous voyons le mime partout dans la vie – que ce soit dans la durée d’un regard, dans le moment de passer d’un geste à un autre, dans le parcours physique d’une intention ou encore dans l’articulation des relations humaines – et en même temps, nous ne considérons pas le mime comme un art autonome, se suffisant à lui-même. Il y a une dizaine d’années, notre compagnie de théâtre est donc née du désir d’incorporer ce puissant travail corporel à un autre désir : celui de bâtir un théâtre choral, dessiné, engagé, en explorant toutes les possibilités d’écriture qui redonnent à l’acteur une place centrale sur un plateau.</p>
<p class="texte">La compagnie Troisième génération est ainsi devenue une école en soi, un lieu où chercher ensemble une propre façon de faire, et ce, à partir d’un langage à redéfinir sans cesse. Dans cette indétermination formelle, des questions esthétiques passionnantes se sont levées puisqu’il s’agissait d’interroger les limites frontalières entre les genres. En ce qui concerne le mime, nous avons essayé de le réhabiliter en lien avec l’observation du monde et du réel. Le penser non pas comme un « à côté » poétique, métaphorique ou symbolique, mais avec envergure : qu’il puisse se révéler par des moteurs sensibles de jeu, psycho-physiques, et non seulement visuels, musicaux ou archétypaux. Nos investigations, qu’elles aient été dans la transmission ou dans les créations, nous ont mené à déployer le mime là où il n’y est <em>a priori</em> pas. Ou bien parfois, avec le plus grand minimalisme, comme le fait d’investir des textes pour en réduire la dramaturgie gestuelle à une stricte « nécessité », qui ne soit surtout pas détachée du reste. Nous nous sommes ainsi volontairement détachés de l’esthétique spécifique du mime pour utiliser la force de celui-ci, en tant que simple technique de jeu, presque à la manière d’un « révélateur photographique » qui permettrait de rendre visible ce qui peut échapper à l’œil dans la vie quotidienne.</p>
<p class="texte">Penser <em>avec</em> le cinéma est venu d’une façon très organique. Il ne s’agit pas ici d’une allusion au cinéma muet, par lequel on pourrait associer le mime corporel dramatique (tous deux nés au début du xx<sup>e</sup> siècle), mais nous faisons référence au cinéma d’une façon générale. Ce lien s’est aussi construit à partir de nos expériences professionnelles sur des tournages, et s’est progressivement inscrit dans notre façon d’enseigner. À titre d’exemple, nous proposons régulièrement de travailler à partir de didascalies extraites de scénario de films, pour la simple raison que nous y voyons du mime. C’est, avant tout, par la notion de « focus » que nous avons tissé nos premières coutures entre ces deux médiums. La technique du mime, en immobilisant tout sauf ce qui bouge, permet de dévoiler une chose à la fois, et nous nous sommes pris à imaginer qu’il puisse conduire l’œil du spectateur comme le ferait un montage, ou les découpages de plans au cinéma.</p>
<div class="textandnotes">
<p class="texte"><em>La vie automatique </em>(2019), notre précédent spectacle, suivait l’errance d’un acteur de cinéma qui renonce à maîtriser le cours des choses. Pour articuler son histoire et ses déplacements – par inertie, le protagoniste allait en effet arriver jusqu’au Japon – nous avions cherché une façon de faire glisser les personnages sur le sol, comme s’ils ne marchaient pas volontairement, mais plutôt comme s’ils étaient déplacés. La comparaison au <em>travelling</em> avait été alors nettement soulevée, puisque l’idée était de donner au spectateur l’impression de tourner autour de lui, plus que celle de vouloir faire avancer notre personnage.</p>
</div>
<div class="textandnotes">
<p class="texte">Plus tard, après avoir travaillé avec des étudiants-dessinateurs de film d’animations, nous avons pensé à nous pencher également sur la bande-dessinée. Ce rapprochement était lui aussi évident à nos yeux, tant pour son procédé d’écriture et de séquençage – c’est un art qui, comme le mime, décompose le mouvement – tant parce que le dessin cristallise la <em>physicité </em>des personnages, que l’approche gestuelle permet elle aussi de condenser.</p>
</div>
<p class="texte">En 2021, nous avons expérimenté, plateau nu et sans autre artifice que le langage corporel, une écriture gestuelle qui puisse être guidée par le prisme du montage. Ce projet de recherche s’est attaché à extraire certains principes de scènes issues de films et de bandes-dessinées, pour ensuite tenter de les transposer au corps des acteurs-mimes. À titre d’exemple, l’élasticité du temps, la fragmentation des moments entre eux et leur entrelacement, la non-synchronicité entre l’énoncé visuel et l’énoncé narratif ont pu être l’objet de nos transpositions à la scène.</p>
<p class="texte">L’envie était celle de renouveler et d’enrichir, par des liens extérieurs, le potentiel d’écriture propre aux arts du mime et du geste et tenter d’en proposer une forme théâtrale contemporaine.</p>


<p></p>
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